Cy Twombly : l’expressionnisme abstrait et la culture méditerranéenne

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Le Centre Pompidou vient de faire une belle rétrospective de l’oeuvre de l’artiste américain Cy Twombly décédé il y à quelques années à peine (1928-2011). 60 ans de carrière sont retracées à travers les espaces du dernier étage. Habitué de l’artiste, le centre Pompidou lui consacre alors sa troisième exposition (1988, 2004 et 2016).

Peintures, dessins et sculptures sont au rendez-vous, de quoi apprécier l’oeuvre de l’artiste sous toutes ces formes. Pour ce faire le Centre Pompidou a eu recours à plusieurs prêts assez exceptionnels provenant de collections publiques comme privées du monde entier, c’est la qu’on se rend compte de la renommée international de l’artiste. Construite de façon chronologique, l’exposition débute dans les années 1950 “marquées par le graphe et l’écriture”, puis “de sa réponse à l’art minimal et conceptuel des années 1970 à ses dernières peintures”.

“Son graphisme est poésie, reportage, geste furtif, défoulement sexuel, écriture automatique, affirmation de soi, et refus aussi… il n’y a ni syntaxe ni logique, mais un frémissement de l’être, un murmure qui va jusqu’au fond des choses.” Pierre Restany

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Entre voyages et rencontres, on comprend comment Cy Twombly évolue dans son travail et dans sa peinture. Robert Rauschenberg, Betty Stokes mais aussi Goethe, Mallarmé ou encore John F. Kennedy, un univers littéraire et voyageur, entre terre et mer, figuration et abstraction, psychologie et gribouillage, désir et politesse, tout autant de contraires et de similarités que l’on aperçoit dans la vie artistique de TW.

Nine Discourses on Commodus, 1963 (Musée Guggenheim, Bilbao) ci dessous

Peu après l’assasinat de président Kennedy, TW entame un cycle en référence à l’empereur Commode (161-192). En 1963, quand l’oeuvre est présentée à NY au moment ou l’engouement pour le minimalisme bat son plein, elle est totalement rejetée par la critique artistique. Ces “empâtements” de peinture font référence aux phases psychologiques qui marquent la vie du tyran jusqu’à son assassinat. A l’époque les toiles sont exposées sans châssis ni pourtour et son découpées de manière irrégulière. Cette série a véritablement des connotations violentes à l’assassinat de président américain, la peinture ressemble à du sang et on dirait comme une explosion sur la toile. Assez impressionnant.

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TW, raconteur d’histoire
Avec Empire of Flora, 1961 (Staatliche Museen zu Berlin) ci dessous, TW rend hommage aux maîtres tel que Poussin. Une toile qui propose un tourbillon de signes mystérieux sur fond blanc, mais en couleur. Il cite aussi Raphaël (“School of Athens”), ou un Mirò inspiré d’une nature morte néerlandaise du 17e siècle (“Dutch Interior”). Jonas Storsve, commissaire de l’exposition, construit la scénographie en série, ce qui est important pour l’artiste puisqu’on parle de son travail en terme de “cycles”. A travers ces phases, on retrouve des histoires, toujours inspirées de la mythologie.
« Si on voulait expliquer la peinture de TW en un mot : je dirais que c’est un peintre abstrait qui raconte des histoires. » Jonas Storsve, commissaire de l’exposition.
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Mieux comprendre Cy Twombly avec Jonas Storsve

Exposition Cy Twombly au Centre Pompidou, Paris 4è
du 30 novembre 2016 au 24 avril 2017
Ouvert tous les jours sauf le mardi, 11h-21h