Belles ! Belles ! Belles

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Née en 1930 à Neuilly-sur-Seine, Niki de Saint Phalle grandit à New York et devient l’une des figures majeures du Pop Art. Après l’exposition “En joue ! Assemblages & tirs” en 2013, cette deuxième exposition monographique à la galerie Vallois s’articule autour de sa représentation du corps de la femme avec ses emblématiques Nanas. La galerie a présenté jeudi soir une sélection de pièces des années 1960 et 1970.

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Comme tous jeudis arty, je me suis donc rendue à l’exposition afin de voir pour la toute première fois ces fameuses “Nanas”.

Une fois arrivée, je peux dors et déjà apercevoir cette grande femme à la robe verte, très charismatique, plantée en plein milieu de la galerie, comme un éléphant dans une maison de porcelaine. La faible hauteur sous plafond de la galerie rend ces nanas encore plus difforme et hors norme. Au détour d’une d’elle, j’aperçois cette mariée un peu décousue contre un mur. Son grand voile l’enveloppe comme dans un cercueil, drôle de critique !

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Pointant la violence politique et sociale des années 1960, Niki de Saint Phalle dénonce les clichés souvent associés aux femmes. Rondouillettes, colorées, débordantes de joie – et pourtant toutes différentes (comme les femmes), les “Nanas” exposées sont toutes belles et débordent chacune d’une certaine énergie. Toujours déformées, on les trouve un peu bizarre. Pour la petite anecdote ; les Nanas sont une sorte de prolongement naturel des Déesses fécondes et des accouchements. Elles deviennent le manifeste d’un nouveau monde, dans lequel la femme détiendrait le pouvoir, “le corps de la femme s’émancipe par la grâce de matériaux ordinaires, de résine, de polyester peints, de vinyles colorés”, décrypte la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois dans un communiqué.

“Car dans le travail de l’artiste non plus la femme n’est pas une, mais plusieurs. Grandes et musclées, empâtées et poilues, vieilles et fragiles, mégères immondes, mariées sylphides, femmes-pot, femmes-ventres écorchées vives, géantes légères dansantes et tourbillonnantes, matrones blanches, matrones noires, Niki a tourné le dos au beau idéal pour peindre et sculpter tous les types de femmes possibles et impossibles, toutes sortes de morphologies féminines hors-norme, dérangeantes, attestant que le beau est toujours bizarre.” Catherine Francblin

(extrait du catalogue conçu sous la forme d’un magazine féminin réunissant une quinzaine de contributeurs et publié à l’occasion de l’exposition.)

 

Exposition Belles ! Belles ! Belles à la galerie Vallois à voir jusqu’au 22 octobre 2017