Picasso le magnifique au Musée d’Orsay

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Ce weekend je me suis rendu dans ma gare préférée, l’ancienne gare Paris-Orléans, aujourd’hui Musée d’Orsay. La dernière exposition en date du musée (en travaux pour une partie de sa collection impressionniste) est la rétrospective des périodes bleues et rose de l’artiste Pablo Picasso. Quatre années sont décryptées à travers les travaux de l’artiste, ces 4 premières années parisienne ou Picasso va s’inspirer des grands peintres de l’époque. L’occasion pour moi d’en apprendre un peu plus sur cet artiste fondamentalement célèbre dans le monde entier, cet artiste que je découvre avec “Guernica” en cours d’histoire comme tous collégiens. Ce même “Guernica” que je découvre pour la première fois quelques années plus tard exposé dans le majestueux Musée national centre d’art Reina Sofía.

Le musée d’Orsay et le musée national Picasso-Paris se sont associés pour revisiter de façon inédite les années de productions de Picasso entre 1900 et 1906.

 

Le bleu mélancolique

Nous sommes en 1900 et Pablo Ruiz arrive à la gare d’Orsay à Paris alors tout juste âgé de  18 ans. L’artiste a déjà son coup de pinceau comme en atteste l’autoportrait “Yo Picasso” ou l’on devine l’influence des maîtres classiques dont il conservait les cartes postales.

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Entre Paris et Barcelone, on apprend que Picasso s’imprègne du travail des artistes Ramon Casas et Santiago Rusinol, et fréquente énormément le cabaret bohème Els Quatre Gats qui organisera sa toute première exposition. C’est à Paris en 1901 que l’artiste expose chez Ambroise Vollard (galeriste en vogue de la capitale) et peint sa vie parisienne, ses rencontres au Moulin Rouge, et notamment une certaine Buveuse d’absinthe. Puis apparaît la figure d’Arlequin, seul ou accompagné, le regard hagard. Les teintes bleutés des tableaux rend l’ambiance des scènes mélancolique, presque pesante.

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On retrouve quelques oeuvres qui nous rappellent les grands, Degas, Manet mais aussi Toulouse-Lautrec dont Picasso rend hommage avec l’oeuvre “La chambre bleue” (1901) et l’affiche punaisée sur le mur en dernier plan. Cet engouement pour ce bleu, nous l’apprenons, trouve sa source lors d’un événement grave qui va marquer la vie de l’artiste. Son ami Casagemas se suicide par dépit amoureux à Paris, et laisse Picasso seul avec sa création au tonalité froide et mortifère.

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La chambre bleue (1901)

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Vont suivre alors une série de toiles représentant des femmes affligées, prostrées ou même mourantes, ces même femmes qu’il découvre à la prison de Saint-Lazare, qu’il visitera à plusieurs reprises. De cette période, ressort la Célestine, sujet du tableau éponyme (1904) et figure de la prostitution barcelonaise.

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La Célestine (1904)

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On remarque également une magnifique commande pour un portrait de la famille Soler, hommage à Manet et à son déjeuner sur l’herbe. Picasso entretient à cette époque une véritable réflexion sur la vie et la mort, en témoigne la toile emblématique, La Vie (1903) qui donne à voir ce cycle tragique mais naturel qui mène de la naissance à la mort. Une oeuvre magnifique de part son sujet mais également ses variantes de bleues impressionnantes et pleines de lumière.

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Portrait de Soler (1904)
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La famille Soler (1904)
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La vie (1903)

Des roses à l’ocre

Après 1904, le sujets des toiles de Picasso diffèrent. Il rencontre Max Jacob et Guillaume Apollinaire, ils lui font partager leur regard sur le monde. L’évolution de sa palette de couleur vers le rose coïncide avec la présence des sujets toujours féminin et notamment de son amante Madeleine dont il fait plusieurs portraits. On retrouve des corps nues de jeunes femmes, d’enfants, mais aussi des séries de portraits de saltimbanques. Picasso saisit des moments de doutes à l’approche du spectacles qui contrastent avec les costumes exubérants créant de la sorte une atmosphère étrange, entre joie et mélancolie. L’artiste fait preuve d’un nouvel esthétisme qu’il doit à la découverte du peintre Ingres à Gosol (un village des Pyrénées).

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L’influence de la statuaire grecque et de l’art sculptural de Rodin participe à son retour au classicisme et à l’étude du corps.  Le corps féminin si souvent représenté, est maintenant peint dans sa forme la plus simple, bien visible dans Nu sur fond rouge (1906) qui annonce les prémices de la révolution cubiste et le chef d’oeuvre des Demoiselles d’Avignon qui sera peint en 1907.

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Nu sur fond rouge (1906)

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Picasso s’est inspiré de toutes les tendances créatives du Paris des années 1890-1900 (Van Gogh, Cézanne, les fauves, Rodin etc.), pour s’approprier son style propre. L’exposition, ponctuée de nombreux chefs-d’œuvre, m’a permis de mieux comprendre sa démarche et de découvrir ses périodes clés qui ont fait de lui un artiste majeur du XXème siècle. En bref j’ai adoré, et je vous conseille très fortement de vous y rendre. Vous avez jusqu’au 6 janvier !

 

Picasso. Bleu et rose, du 18 septembre 2018 au 6 janvier 2019 / Musée d’Orsay, ouvert tous les jours sauf le lundi, nocturne le jeudi, 1 rue de la Légion d’Honneur 75007 Paris – Curieuse nocturne, jeudi 27 septembre 2018, de 18h30 à 23h