FIAC 2018

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Un peu en retard, mais aucune raison de ne pas faire un petit retour sur la FIAC (oct 2018). Alors cette année, pour la 45ème fois de son histoire, qu’est ce qu’il y avait à la FIAC ? Néophytes comme férus d’art et collectionneurs, vous y avez très certainement trouvé votre compte.

LE LABYRINTHE AU GRAND PALAIS

Une fois entrée dans la nef du Grand Palais, voici plus de 177 galeries internationales qui s’ouvrent à nous. J’ai eu le temps de faire le tour des françaises.

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Du coté des grosses affiches, on retrouve Perrotin qui présentait l’oeuvre résolument contemporain Nœud de l’artiste Jean-Michel Othoniel (2018) toute faite de verres miroités et inox. L’artiste Xavier Veilhan y a également installé trois œuvres. Celui qui avait investi Versailles en 2009 a perché un mobile et deux sculptures sur la cime du stand.

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Chez Gagosian, l’artiste berlinoise Katharina Grosse est l’invitée d’honneur de la galerie : elle y montre une grande installation sculpturale telle une explosion colorée peinte inspirée du pin d’Ingres à la Villa Médicis, et toute une série de peintures sur papier. L’artiste allemande de 57 ans, vêtue d’une combinaison et d’un masque a peint cette pièce au pistolet. Elle conçoit la peinture comme une expansion de couleurs qui envahit. En marge par rapport à la grande tradition picturale, elle laisse une grande place à l’improvisation et aux circonstances extérieures. Ses toiles sont des instantanés d’un lieu, un temps, une humeur, que l’artiste laisse pénétrer à travers elle. Ses peintures se vendent en moyenne autour de 60.000 à 80.000 euros et plus pour ses formats XXL.

Les artistes français étaient plutôt bien représentés, j’ai retrouvé un petit Bertand Lavier mis en scène avec la fameuse “Octopus” de Carsten Holler chez Massimo de Carlo Gallery. Chez Nahmad Contemporary, on trouve Daniel Buren, Jean Dubuffet et Pablo Picasso cote à cote.

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David Zwirner a fait fort avec un Jeff Koons qui interpelle, “Jeff Koons, artiste du vulgaire ou vulgaire artiste” comme le stipule le journal Le Figaro dans ses pages culture. On est tous d’accord, depuis plusieurs années Koons fait polémique. Christian Boltanski et Nicolas Bourriaud, qui avaient tous deux signés en janvier 2018 une lettre collective contre l’installation de sa sculpture à Paris, le décrive comme un « créateur brillant et inventif dans les années 80… devenu l’emblème d’un art industriel, spectaculaire et spéculatif. Son atelier et ses marchands sont aujourd’hui des multinationales de l’hyperluxe ». L’oeuvre présentée issue de la série de photos “Made in Heaven” (1989) a de quoi faire taires les mauvaises langues le caractérisant de multinational de l’hyperluxe. Jugez-en son oeuvre ci dessous… Il y est représenté faisant l’amour avec la Cicciolina, sa femme de l’époque, actrice des films érotiques. Pure blague ou références philosophiques ? Et si, finalement, Koons était plus que ce qu’on veut bien entendre sur lui…

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Habituellement constitués des fameux white cubes des foires d’art contemporain, une galerie s’est carrément détachée selon moi. D’ailleurs en m’approchant du stand, beaucoup de monde, impossible de rentrer. J’attends que cela se dissipe et j’arrive enfin à découvrir la mise en scène de La Galerie Gmurzynska avec “On Fire” représentant une caserne de pompier. On retrouve des Klein, des Miro, des Matta, des œuvres qui racontent l’incendie, le feu, la fumée…

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Je redécouvre également le travail de l’artiste Georg Baselitz  à travers son autoportrait de 2005 qui est en vente chez Skarstedt pour 1,2 million de dollars. J’ai adoré ce portrait renversant, sa peinture est aérienne et légère. Cet orangé vif nous donne envie de se projeter dans l’oeuvre et de se retourner. Il y a quand même un mystère, pourquoi cet artiste, à la réputation si grande, peint-il depuis 1969 ses tableaux à l’envers ? Est-ce pour obliger le spectateur à « faire la galipette, et le double saut périlleux » ? D’après Ce que tu n’es pas est un autoportrait “Baselitz cherche à se saisir, à se connaître. Mais le chemin pour y parvenir est ardu, semé d’embûches et peut donner parfois le vertige. Quand on se cherche, on risque de ne pas se trouver, de se trouver partout. Et alors tout tangue. De là l’interrogation sur l’autoportrait.” (cf art.)

ET LE OFF ?

Les jours suivants, pourquoi ne pas partir à la découverte des foires off (moins chères ou parfois même gratuites) organisées en marge de la Fiac ? Comme Private Choice (une foire intimiste qui se visite comme un appartement de collectionneur, dans un lieu secret communiqué après inscription sur internet), Bienvenue Art Fair (une petite nouvelle qui se limite à une vingtaine de galeries pour offrir davantage d’espace aux artistes, à la Cité internationale des arts), Outsider Art Fair (dédiée à l’art brut), l’YIA/Paris Contemporary Art Fair (au Carreau du Temple), Paris internationale (consacrée aux jeunes galeries), Asia Now (centrée sur l’art asiatique) ou Art Élysées(art et design)…

Infos pratiques

Adresse : Avenue Winston Churchill – 75008 Paris
Dates et horaires : Du jeudi 18 au dimanche 21 octobre 2016 de 12h/14h* à 20h.
Tarifs : Billet FIAC 38 € – Tarif réduit 25 € – Gratuit pour les moins de 12 ans

*Horaires du jeudi 18 octobre