La Madeleine pénitente, tableau de Salaì, plus proche collaborateur de Léonard de Vinci, a été adjugé le 18 novembre à 1,7 million d’euros (frais inclus), a annoncé la maison de ventes Artcurial à Paris.

Cette oeuvre est en fait une des rares œuvres “reconnues” comme étant de la main de Gian Giacomo Caprotti proche collaborateur de Léonard. L’empreinte de l’artiste est en effet similaire à celle de Léonard de Vinci d’où la rareté et la beauté de l’œuvre. Son coup de pinceau se reconnait notamment dans le traitement des mains et du visage.
Des enchères très animées par téléphone, un chiffre prononcé, le tableau s’est envolé à 1 745 000 euros ! Une estimation avait été faite avant l’ouverture de la vente entre 100 000 et 150 000 euros. La vente a eu lieu à huis clos en raison du confinement.
« Ce tableau sort véritablement de la nuit. Son propriétaire, qui l’avait acheté pour une somme modeste, nous l’a confié pour la vente. Il nous est arrivé sans attribution. C’est (l’experte) Cristina Geddo, qui, venue de Milan, nous a révélé que c’était de Salaì », a expliqué à l’AFP Eric Turquin. « On a retrouvé des empreintes digitales : le peintre a écrasé son pouce sur la peinture fraîche, ce qui est caractéristique de la technique de Léonard et de Salaì », a ajouté l’expert.
Marie-Madeleine y est représentée sur fond noir, le regard levé en extase, les bras croisés. Le corps nu, longiligne, est partiellement couvert par une chevelure abondante de couleur brun-doré : une caractéristique que l’on retrouve dans le tableau conservé à Milan.
Gian Giacomo Caprotti, dit Salaì (1480-1524), a été le plus proche compagnon de Léonard -son élève, garçon d’atelier, modèle, trésorier, agent, amant. Le maître de la Renaissance lui aurait donné le surnom de « Salaì » – synonyme de « petit diable » – en raison de ses bêtises, petits vols, mensonges. Pendant plus de 25 ans, Salaì a pu assimiler la technique du maître, en se positionnant – outre ses quelques œuvres personnelles – comme l’un des plus influents divulgateurs des modèles léonardesques à travers des copies et variantes des chefs-d’œuvre de Léonard.
Cet article a été publié par l’AFP le 18 novembre 2020.
